Quand le client est victime d’ostracisme

Comme c’est samedi, voici une anecdote de mon conseil syndical d’hier
J’attendais mes copropriétaires dans le hall
– Ahhhhhh ! Bonjour Monsieur X. Je suis bien contente de voir que vous allez bien.
Monsieur X est un personnage. Il parle avec un accent emprunté comme s’il était un des personnages des Précieuses Ridicules. Il est très très cultivé, parle des tas de langues, a des connaissances pointues dans beaucoup de domaines.
Bref. Il n’est pas toujours facile mais difficile de ne pas avoir une petite tendresse pour ce Monsieur.
– Ahhhhhh Petit Syndic, il faut que je vous raconte.
– Je suis impatiente de vous entendre Monsieur X.
– Lorsque je suis allé faire mes derniers examens à l’hôpital, j’ai fait une crise d’épilepsie.Je suis tombé sur le seuil du bâtiment. J’ai donc fini, entre vous et moi je dois bien le reconnaître, à poil aux urgences, nu comme un enfant sortant du ventre de sa mère.
– …
– Au bout de plusieurs heures, j’en ai eu marre d’attendre. J’ai récupéré mes vêtements pour me rhabiller. Bien vous savez ce que j’ai découvert Petit Syndic ?
– Heu non mais vous allez me dire Monsieur X.
– Figurez vous Petit Syndic (avec l’accent emprunté qui va bien) que ces voyous m’ont dérobé mon slip rouge….
– …..
– Mon slip rouge !
Moi avec un grand sourire, le taquinant un peu :
– Et c’était votre préféré ou c’est que vous n’en aviez qu’un ?
– Mais quand même Petit Syndic, la chose ne prête pas à sourire. Ce sont des voyous !
– Oui je comprends Monsieur X. Et vous avez fait quoi ?
– Rien Petit Syndic. Je ne cherche pas les histoires. J’ai mis mon pantalon et mon haut, récupéré mes chaussures et je me suis barré.
Je l’imaginais dans la rue, sans son slip rouge sous son pantalon … je vous passe l’image … 
J’imaginais aussi que s’il faisait une histoire pareille à cause de son slip rouge c’est que ce slip avait une importance particulière pour lui comme un genre de porte-bonheur ou courage. Cet homme n’a pas toujours eu une vie facile. Cette perte d’un objet auquel il tenait m’a peinée pour lui.
Ma Présidente du Conseil Syndical (PCS) est arrivée à ce moment-là :
– Oui ! Et les urgences m’ont appelée pour savoir où il était. Parce que Monsieur X est parti sans les prévenir.
Monsieur X me confirmant :
– S’ils chapardent les slips de leurs patients, il ne faut pas être surpris que les patients se comportent de manière cavalière avec eux !
Puis concluant de manière catégorique :
– Je vous le dis sans détours Petit Syndic. Je suis victime d’ostracisme ! C’est une honte !
Bon je vous laisse à votre réunion et je vais me dépêcher de rentrer ces documents en sécurité.
Il s’en est allé.
Je me suis alors tournée vers ma PCS et qu’est-ce que j’ai vu ?
Mon amour de PCS en train de googler le sens du mot « ostracisme » sur son téléphone.
#mefautuntriplecafé

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