Les gestionnaires de copropriété sont à nouveau révoltés !

Il y a quelques semaines, je vous parlais de la Fédération Française des Gestionnaires de Copropriété Révoltés.

Il s’agit d’une communauté facebook comprenant ce matin 1428 membres, tous professionnels de la copropriété. Ce chiffre est toujours à mettre en rapport avec le nombre de gestionnaires de copropriété qui est estimé entre 8000 et 9000 (absence de statistiques précises).

La Fédération Française des Gestionnaires de Copropriété Révoltés (F.F.G.C.R.) a été créée en octobre 2008 dans un cri de révolte humouristique, un vendredi après-midi pour différentes choses comme notamment :
– les émissions de Capital sur les syndics

Plus que révoltés, nous sommes principalement réunis. Le R qui signifiait la révolte du début avait donc évolué à un R dont l’intention était de marquer la réunion.

Aujourd’hui, avec la réforme de la copropriété, les propos méprisants des politiques, des différentes associations, nous reprenons le R de la Révolte, celui de la Révolte du début contre le syndic bashing systématique que nous dénoncions déjà, il y a plus de 10 ans, en 2008 dans les débuts de notre création.

HALTE AU SYNDIC BASHING !

Il n’y a pas que la FNAIM et l’UNIS qui peuvent s’exprimer !  Nous aussi nous pouvons ! Nous aussi nous sommes révoltés ! Nous sommes d’autant plus légitimes à le faire que ce sont nos membres qui font face aux clients et qui subissent au quotidien les conséquences du syndic bashing !

Nous pouvons faire bouger les choses, exprimer notre point de vue, hors des structures traditionnelles de syndicat ou d’association, sous la forme de communauté de multiples façons :

  • à l’intérieur de la communauté

Imaginez que nous avons exactement 1324 membres actifs. Ce qui signifie qu’une moyenne de 1324 membres se connectent chaque jour sur le groupe pour y lire les publications ou participer par un commentaire ou un like aux échanges ! 1324 sur 1428 membres !

Avec le temps les révoltés évoluent. Les assistants deviennent gestionnaires, les gestionnaires, directeurs ou chefs d’entreprise. Certains ont investi les associations professionnelles comme la Fnaim ou l’UNIS. Nos membres sont les décideurs actuels ou les futurs décideurs du monde de la copropriété.

Chacun peut exprimer librement son point de vue sur le groupe, être entendu et lu par tous les membres y compris par ces fameux décideurs actuels ou en herbe.

  • à l’extérieur de la communauté

Les sujets qui sont débattus sur le groupe, comme par exemple les discussions autour des salaires en copropriété, remontent parfois jusqu’aux organisations comme la FNAIM ou l’UNIS. Ces sujets font réfléchir, les commentaires de nos membres aussi.

Certains de nos membres publient aussi des articles pour répondre aux politiques, aux associations de consommateurs diverses, et à leurs absurdités multiples.

Professionnels de la copropriété, rejoignez la fédé ! Bienvenue chez vous !

Ensemble nous serons plus forts !

Quand le syndic n’est pas syndic mais qu’il ne le sait pas !

C’était l’an dernier … Après 6 heures de réunion (2 successives) et je n’avais plus les yeux en face des trous !

La dernière réunion s’annonçait difficile. Mes copropriétaires se détestaient. A l’ordre du jour j’avais une procédure contre l’un d’entre eux pour des travaux réalisés sans autorisation.

Je l’avais commencée en raccompagnant à la porte du cabinet, calmement mais fermement, un gars un peu furibond, de plus d’1m80 costaud et tout … un entrepreneur qu’un copropriétaire voulait imposer à l’assemblée générale et que les autres avaient éjecté. Bon.

Alors que je revenais dans la salle de réunion, une des copropriétaires, que je ne connaissais pas encore, m’a applaudie comme si j’étais une star et a demandé aux autres de faire pareil puisque j’étais la « coordinatrice en chef » et que le syndic n’était pas encore arrivé.

Ma Présidente du Conseil Syndical s’était empressée de rectifier :

– Mais non ! Petit Syndic n’est pas coordinatrice. C’est le syndic. C’est elle qui nous gère, qui s’occupe de nous.

Oui … voilà voilà … accessoirement je fais garde d’enfants, de copropriétaires, médiatrice, machine à donner des baffes ou des bonbons, … bref, je sais tout faire.

La copropriétaire s’était remise à applaudir de plus belle !

Bon … j’avais attendu qu’elle se calme, installé mon plus joli sourire commercial et avais remercié :

– Merci ! Les temps ont changé. Il y a 20 ans on se levait quand le syndic arrivait. Ca me fait plaisir de retrouver ça au travers des applaudissements de certaine d’entre vous.

C’est le moment qu’avait choisi l’architecte de l’immeuble pour retirer sa veste.

J’avais regardé la copropriétaire qui avait une machine à applaudir à la place des mains et lui avais demandé :

– Et alors ?

– Quoi ?

– Bien lui, il vous fait un spectacle digne des plus grands show et vous rien, pas un applaudissement.

– Non. je n’applaudis que le syndic. C’est bien vous le syndic non ?

– Non. Moi je suis la coordinatrice en chef. Nous attendons toujours le syndic. Ceci dit comme il semble avoir du retard, je vous propose d’ouvrir la réunion.

Non mais sérieux !

#mefautuntriplecafé

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Quand le vieux garçon se fait jeune !

Pendant que j’éditais le procès verbal, j’entendais les copropriétaires papoter entre eux :

Ma présidente du conseil syndical à un copropriétaire, Monsieur C.

– Enfin Monsieur, mais regardez-vous ! Vous êtes devenu tout beau. Nous allons avoir des visites féminines dans l’immeuble. Vous allez briser des coeurs. 

Puis se tournant vers moi pour m’expliquer :

– Il fallait le connaître avant pour me comprendre ! Monsieur C. a changé de garde-robe.

Monsieur C. qui doit avoir entre 65 et 70 ans, a répondu avec un sourire malicieux :

– C’est vrai chère amie que j’ai subi un relooking. Maintenant je suis affublé de la garde-robe qu’il faut. Mais, ne vous inquiétez pas, je mets toujours un préservatif.

Moi je suis tombée en état de sidération. J’étais si stupéfiée que j’étais restée la bouche ouverte à gober toutes les mouches qui auraient pu passer par là.

La copropriétaire, 75 ans, se trémoussant et revenant à la charge .

– Rohhhhh Monsieur.

Lui :

– Quoi ? Je vous ai choquée ? Mon image de garçon de bonne famille en prend un coup ?

Voilà voilà !

#mefautuntriplecafé

Quand les rapports sont très directs !

Petit clin d’oeil à, une de mes amies, gestionnaire également. L’an dernier, je travaillais dans le même cabinet qu’elle.

Voici le compte-rendu de sa discussion avec un client mis au contentieux pour non paiement de ses charges malgré les mises en demeure :

Le client : et patati et patata … Bref ! Allez vous faire foutre !

Mon amie : avec tout le plaisir que je vais y mettre, je vous remercie bien Monsieur.

#mefautuntriplecafé

Bon WE à tous !

Quand l’expert judiciaire évalue la qualité de l’eau !

Hier matin, nous étions en train de faire une proposition pour un nouvel immeuble.

La présidente du conseil syndical nous explique les différentes procédures en cours et nous tend l’un des rapports d’expertise et là nous découvrons que dans cette copropriété, selon l’expert judiciaire, l’eau serait sèche.

Bon … c’est vrai que parfois l’eau ça mouille et que le feu ça brûle … mais là, l’histoire de l’eau sèche, je ne l’avais jamais entendue ou lue nulle part ailleurs !

Peut-être une particularité propre à cet immeuble du 14ème ?!

Voilà voilà !

#mefautuntriplecafé

Quand le directeur est au goût de la cliente !

– Alors rien ne va et patati patata

J’écoutais cette copropriétaire d’un âge avancé en me disant que tout imprévu même petit devait être pour elle un tsunami. Puis soudain j’ai entendu :

– D’ailleurs Madame X, on ne peut jamais la joindre.

– Mais vous avez son portable ?

– Oui regardez là !

Et j’ai découvert sur son bureau une plaquette de mon cabinet et dessus pour la gérance, un visage accueillant avec un numéro dessous et puis à côté ma photo, celle de mon assistant et ainsi de suite.

– Nous sommes tous là ! Elle a l’air plutôt sympa cette dame même si je ne la connais pas.

– Oui mais moi je veux parler à un responsable.

– D’accord, je vais vous donner le portable du directeur.

– Mais je ne le connais pas. C’est trop compliqué chez vous ! Il n’est même pas sur la plaquette ! On ne sait pas à qui l’on a affaire !

Alors que je cherchais le numéro de téléphone de mon Directeur, je suis tombée sur sa photo officielle, celle qu’il met sur son mail comme nous tous.

– Vous voyez ! C’est ce Monsieur-là. Regardez comme il a l’air sympathique. Il vous répondra sans soucis si vous prenez contact avec lui directement.

Le silence s’est d’un coup installé pendant plusieurs secondes interminables pendant que ma copropriétaire, de 80 ans au moins, était en train de scruter la photo.

– Mais c’est qu’il est très bel homme ce Monsieur ! Il a l’air vraiment très bien et compétent.

Puis après un autre silence :

– Et donc c’est lui que je dois appeler si cela ne va pas ?

– Heu … enfin non vous appelez la gérance si c’est lié à la gérance et puis m’appelez si c’est lié à la copropriété. Ce n’est que lorsque vous n’arrivez pas à obtenir nos réponses que vous montez d’un cran et vous l’appelez.

– Mais c’est qu’il a une belle prestance ce Monsieur ! Il a l’air très compétent (je cherche toujours le rapport entre compétence et prestance mais bon …). Peut-être que si je lui demande aimablement, il voudra bien s’occuper de gérer mes appartements en direct, non ?! lol

Et là, dur de ne pas éclater de rire ! Très probablement, rien n’ira jamais bien au niveau de la gérance jusqu’à ce que la gestion de ses biens soit reprise en direct par … lol.

#mefautuntriplecafé

Quand le cordialement reste essentiel !

Il y a quelques temps, dans ce billet, je vous transmettais les conversations entre deux copropriétaires en dissertant sur l’importance de bien terminer les conversations de manière cordiale.

Le temps est passé, les tensions ne sont pas apaisées.

Voici le dernier mail échangé entre les deux copropriétaires :

« Je constate que vous avez un trop plein d’énergie vous taper sur tous le monde , même le syndic que vous avez vous même dernièrement choisit , ne semble pas assez docile c’est dernier temps à vos yeux .
Mr X LA MENACE laissé les acteurs professionnels faire leurs travail par contre votre trop plein d’énergie utilisez le pour nettoyer la cour pour nettoyer mon lot numéro 7 etc…
Monsieur la menace ont descend de la chaise ont se fait humble et on salit pas les lieux des autres c’est aussi une forme d’insulte .
Monsieur le petit chef , monsieur la menace , monsieur pas vu pas pris monsieur l’amalgame je vous le re- demande svp ne salissez pas mon lot numéro 7.  Si cela vous est impossible si cela vous est insupportable c’est pas grave prenez votre temps le chantier n’est pas encore terminé. Je suis un homme patient avec humour je vous fais mes remarques mais faudrait il quand même si intéresser ???? »

Bon comme vous voyez, le cordialement est toujours absent et cela créée une escalade dans la violence puisque l’on s’en prend au syndic qui, bien qu’il soit acteur professionnel, n’a rien demandé et à une pauvre chaise sur laquelle on monte mais sans préciser pour quelle raison et qui, surtout, n’y est pour rien …

#mefautuntriplecafé

Quand le mot est important !

Les copropriétaires des ateliers en fond de cour d’une de mes copropriétés viennent tous me voir ensemble :

– Bonjour Petit Syndic. Nous voulions vous voir à cause de la dernière réunion.

– Oui. Je vous écoute.

– Nous avons été très choqués par la tournure des choses.

– Ah bon ?

Et là j’ai revu la réunion en accéléré et je me suis demandé ce qui avait pu les heurter au point qu’ils viennent tous en délégation.

– Oui dans l’ordre du jour, il était mentionné un « rappel aux copropriétaires des ateliers du fait qu’il leur appartient de nettoyer leurs gouttières selon le règlement de copropriété. »

– ……

Ne pas éclater de rire. Ne pas éclater de rire. Surtout ne rien dire, ne pas réagir, ne pas parler et rester sérieuse et concentrée sur quelque chose de triste, très très triste.

– Vous n’aviez pas besoin de nous faire un rappel. Nous sommes devenus conscients de nos obligations. Le mot rappel …

Bon … respirer un grand coup sans que cela se voit et ravaler ce fichu éclat de rire qui est toujours prêt à exploser quand il ne faut pas.

– Cette résolution maladroite n’était pas pour vous pointer spécifiquement. C’était à cause du problème d’engorgement qu’il y a eu et des discussions autour de la prise en charge de la facture travaux. Ceci dit, j’ai bien pris note du malaise provoqué par le mot « rappel » et j’ai transformé dans la rédaction du PV, avec votre accord, le mot « rappel » par celui d’ « information ».

– Oui. Nous vous remercions d’ailleurs. Nous tenions toutefois à venir en force vous rencontrer et vous informer aussi que nous avions fait collectivement les travaux pour éviter qu’un engorgement se reproduise à nouveau.

– Parfait !

Ouf ! Sauvée ! Je suis restée professionnelle.

– Nous le dirons à la prochaine réunion également. D’ailleurs, merci de porter ce point à l’ordre du jour.

– D’accord.

– Mais la prochaine réunion a lieu quand ?

– Dans un an.

– Ah et on ne peut pas la convoquer avant ? Nous vous ferons un courrier officiel comme ça tout sera carré.

puis après un temps d’hésitation … ils rajoutent :

– Il faudra aussi nous indiquer la date à l’avance. Nous vivons tous en province vous comprenez.

Heu …

#mefautuntriplecafé