Quand le copropriétaire est un photographe !

Un photographe allemand, qui ne photographie que les tops models, explique en pleine réunion que « Les femmes, elles disent oui, elles disent non. Il ne faut pas les écouter. Il faut les forcer. »

Heu …………………….

#mefautuntriplecafé

Quand l’élève parle de l’article 24 !

L’élève :

– Donc en assemblée générale, à l’article 24, les abstinents ne comptent pas.

Bon … Voilà … tout est dit !

Il faut être actif lorsque l’on participe à des activités de groupe en copropriété  … sans jeu de mot bien sûr !!! lol

#mefautuntriplecafé

Quand le syndic retombe en enfance !

Avez-vous déjà vécu la situation d’un monologue si long d’un président de conseil syndical (PCS) que l’on finit par ne plus écouter réellement ce qu’il dit ?

Bien  !

Imaginez que c’est encore plus long que cela.

Bien !

Imaginez que c’est encore plus long et que cela devient quasi un enfer sur terre cette discussion.

Puis d’un coup, le PCS commence à parler de pirouette d’une entreprise intervenue qui promet de réintervenir mais ne réintervient jamais, pirouette d’un copropriétaire qui ….  et patati et patata en semant des pirouettes partout.

Vous, ce que vous retenez c’est juste le mot pirouette et vous vous retrouvez avec une envie quasi impossible à réfreiner de répondre par un magnifique « cacahuète ! » à chaque « pirouette » prononcé et que vous ne pouvez vraiment pas répondre ça …

#frustration #mefautuntriplecafé

Quand le copropriétaire est un roi du pétrole !

Je viens de récupérer un immeuble dans lequel le ravalement a été lancé avec plusieurs entreprises, un architecte mais sans coordonnateur SPS. J’arrive sur l’immeuble à la fin des travaux. Il ne manque que des travaux complémentaires découverts en cours de chantier. En attendant leur vote, tout est mis en pause.

Lors de la réunion extraordinaire convoquée pour voter des travaux supplémentaires, je propose de prendre un coordonnateur SPS pour la fin du chantier.

Les copropriétaires me demandent ce que c’est. J’explique. Ils comprennent, même si je ne le mets pas en avant, que le chantier a été réalisé sans et les conséquences en cas d’accident.

Monsieur X, américain, prend la parole :

– C’est inadmissible ! Dans le pétrole, quand on a un soucis de sécurité, on arrête le chantier IMMEDIATEMENT !

Bon … c’est sûr !

– Arrêtons le chantier !

Moi, qui essaye de temporiser :

– Vous avez raison sur le principe et les questions de sécurité ne sont pas négociables. Je ne discute pas là dessus.

– Oui ! Arrêtons tout ! Immédiatement !

– Toutefois … les chantiers en copropriété ne sont pas au même niveau qu’une plate-forme pétrolière en pleine mer. Ici, il y a eu un manquement c’est évident ! De la part de l’architecte qui n’a pas joué son obligation de conseil, de l’ancien syndic aussi et ainsi de suite.

– Je suis d’accord.

– Par contre, nous sommes à la fin du chantier. Tout arrêter maintenant, demander aux entreprises de déposer leur échafaudage et partir, même si vous avez raison sur le principe, serait financièrement trop impactant pour la copropriété alors que le risque est fini. Faisons un calcul rapide …

– Nous avons eu de la chance ! On s’en fout du pognon !

Je voyais mes autres copropriétaires se décomposer et se désolidariser dans leurs attitudes. C’est que tous ne sont pas des rois du pétrole et oui leurs portefeuilles sont bien garnis mais enfin …

Ils commençaient à faire leurs calculs : bon retrait de l’échafaudage, retour de l’échafaudage ensuite etc … peu de copropriétaires, … et ainsi de suite. Le principe ok mais le risque a disparu et tout le monde ne peut pas ou n’a pas envie de sortir 10000 euros de plus juste pour des questions de principe après coup.

– Mais bien sûr ! Evidemment ! Nous avons eu de la chance ! Vous avez raison sur tout ! Mais ceci étant posé, il n’y a eu et merci à la vie aucun soucis ! Je vous propose donc d’avancer. Finissons maintenant le chantier en prenant un coordonnateur SPS pour les travaux supplémentaires que vous allez me valider ce soir, ce qui supprimera le risque à venir.

#mefautuntriplecafé

Quand le copropriétaire est syndic !

– On vous a élu mais vous ne donnez pas satisfaction et blablablabla.(on est incompétent et j’en passe des belles et des pas mures. lol)
– Bon. Soyons francs. Vous étiez contre notre élection et dès le lendemain matin de l’AG à 9h vous appeliez au bureau pour nous engueuler parce que l’on n’était pas sur l’immeuble. Vous ne serez jamais content. Tous vos derniers appels l’indiquent.
– Vous êtes injoignables !
– Vous m’appelez cet après-midi sur mon portable alors que je suis en assemblée générale. Je sors de réunion. Je vous rappelle aussitôt et vous m’expliquez que je ne suis pas joignable ?
– Oui !
– Mais pourquoi ne pas appeler au bureau si vous voulez quelqu’un sur l’instant ? Ce n’est pas parce que vous appelez sur un portable que la personne est forcément joignable. Quoiqu’il en soit, l’essentiel est que je vous rappelle, non ?
– Non. J’avais un cabinet de syndic en Vendée et je sais comment ça fonctionne. Nous sommes une grosse copropriété alors je ne suis pas sûr que vous êtes outillés pour.
(mouais … on est juste le 4ème groupe français …)
– Vous n’avez pas besoin de me dire qui vous êtes Monsieur. Je le sais parfaitement. Pour information, je suis vendéenne aussi ! On connait bien votre cabinet dans la région.
– …………….
(silence … je sens son malaise … et oui !!! C’était un coup de bleuf mais il semble bien que l’on le connaisse son cabinet …)
– D’ailleurs puisque vous étiez syndic vous savez parfaitement que quand je suis en réunion je ne peux pas répondre aux clients qui appellent, non ?
Silence ………………………….
– Bon … on ne va pas s’énerver. Donc vous allez réceptionner les travaux jeudi ?
– Oui. Mon gestionnaire va réceptionner les travaux jeudi comme je vous l’ai dit.
– Parfait.
Grrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr
#mefautuntriplecafé

Quand le copropriétaire a une fuite !

– L’appartement au dessus du mien est vide. Comment je fais ? Il y a une fuite qui vient de chez lui et qui arrive chez moi. Vous avez les coordonnées du propriétaire du dessus ?

– Oui attendez. C’est une agence. Je vous donne ces coordonnées.

Le copropriétaire remercie, puis s’en va et revient une heure après :

– l’agence dit qu’elle ne gère plus le bien depuis 1 an.

– D’accord.

Puis de manière accusatrice, il rajoute :

– Mais comment se fait-il que vous n’ayez pas eu cette information-là ?

– Je suis désolée mais si le copropriétaire ne me la communique pas, je ne peux pas la deviner. Je ne suis pas voyante.

– Mais enfin ! blablablabla

Et là, il part dans un drôle de monologue selon lequel je ne fais pas mon travail en n’ayant pas pu anticiper ou deviner que ce Monsieur avait mis fin à son mandat de gestion, que lui il prévenait toujours le syndic de tout, qu’il avait ce réflexe-là de toujours donner les moyens de le joindre et ne comprenait pas que les autres ne l’aient pas, que le monde ne tourne pas rond et que rien ne va pour résumer.

Je vous épargne le détail de cette partie-là.

Je finis par prendre les coordonnées du monsieur parce que je ne gère pas l’immeuble en réalité. Je suis juste venue à son secours quand il est entré au cabinet puisque son gestionnaire n’était pas disponible.

Je compare le numéro de téléphone portable qu’il me donne avec celui qui se trouve enregistré dans la base et je m’aperçois qu’il ne s’agit pas du même.

Taquine je lui fais :

– Ah mais ce n’est pas le même numéro de portable que j’ai dans mes fichiers. Vous avez changé de numéro ?

Lui sans s’apercevoir du piège que je lui tendais :

– Oui il y a quelques semaines.

Moi souriante :

– Et, juste comme ça, pour savoir, vous avez prévenu le syndic quand ?

……………..

Voilà voilà

#mefautuntriplecafé

 

 

Quand l’élève découvre l’assemblée générale !

Hier j’étais redevenue formatrice.

Au programme : les assemblées générales.

Puis on a fait un exercice.

Ils ont créé leur syndicat des copropriétaires : la résidence LA ZOONE, leur règlement de copropriété et leur état descriptif de division, calculé leur budget en fonction de leurs équipements, … bref.

La résidence LA ZOONE est une copropriété bien sympathique avec tout ce qu’il faut : ascenseur, piscine et ainsi de suite. Sourire.

Elle a aussi un conseil syndical et … des copropriétaires qui ne sont pas au conseil syndical.

Je les observais pendant qu’ils préparaient leur assemblée générale. Ils étaient à fond dans leur rôle.

Le conseil syndical est allé questionner les autres pour connaître l’ordre du jour à communiquer au syndic.

C’était étonnant de voir les problématiques qu’ils avaient :

impayés, squatage du local vélos, stationnement intempestif, problème de bruit, souhait d’acheter la jouissance de la toiture terrasse, ascenseur qui ne fonctionne pas toujours, …

Le rez-de-chaussée qui souffre du bruit de la piscine essaye de convaincre le 1er étage de le soutenir puisqu’il a les même problème après tout, non ?

C’est étonnant de voir que même en simulation, les élèves avaient les mêmes réflexes que les copropriétaires.

Ensuite, on a créé la convocation.

Premier choc des élèves : l »heure de réunion.

« mais vos horaires de travail ? Ca fait quand même des longues journées, non ? »

Voilà … on est bien d’accord.

Puis ils ont tenu la réunion.

Réflexe classique : le président du conseil syndical (PCS) s’est auto désigné président du bureau. Le syndic a expliqué la différence entre les deux fonctions et finalement, personne ne voulant être président, c’est le président du conseil syndical qui a assuré la fonction. Comme dans la vraie vie finalement.

Arrive le moment du compte-rendu du conseil syndical : le PCS explique qu’il n’a pas vu les comptes malgré ses demandes. Bon … je n’ai pas soufflé le reproche mais c’est du vécu récurrent. Comme dans la vraie vie aussi, le syndic lui répond que les comptes sont à disposition et ainsi de suite ….

Le quitus est donné.

Les comptes sont finalement approuvés. Ils le sont à l’unanimité même si personne ne les a vus puisque les dépenses n’ont pas augmenté, ils décident de faire confiance au syndic.

Puis arrive l’approbation du contrat de syndic et, là, plus personne pour voter le contrat. Le syndic se défend en rappelant qu’ils ont donné le quitus et que cela n’est pas cohérent.

Discussion sur les honoraires.

Notre syndic a un contrat à 2000 euros. Il propose de passer à 2250 … heu … ramené en pourcentage … oui mais en tête de pipe … finalement il obtient à peine 20 euros.

Deuxième choc des élèves : mais vous faites un métier pénible et compliqué !

Pour le CS, les membres se représentent et sont élus puisque personne n’a envie d’en faire partie en réalité. Comme dans la vraie vie à nouveau.

Le budget n’intéresse personne.

On arrive aux points autres que les classiques :

– les impayés : ils expliquent à la copropriétaire qu’ils vont lui faire vendre son bien et que c’est comme ça, c’est le principe de la collectivité ! Ils ne vont pas payer pour elle.

Puis ils prennent conscience de sa situation difficile et là, c’est beaucoup plus compliqué. Je les vois qui se divisent.

On évacue les problèmes privatifs en expliquant aux copropriétaires qui les ont soulevés qu’il faut qu’ils se débrouillent !

On aborde la question de la terrasse. Ils négocient dur comme si leur vie en dépendait. Certains parlent des travaux de l’ascenseur à venir. La fumeuse de chicha qui se ballade sur le toit négocie son accord contre une servitude de passage et de fumage 1h par jour et ainsi de suite.

Mais ils se mettent d’accord et ils passent au vote. Celui qui était le plus acharné sur le prix vote contre finalement. Tous sont surpris et lui demandent pourquoi parce que ce n’est pas logique. Il répond que c’est sa liberté et qu’il fait ce qu’il veut même s’il s’est battu pour avoir un prix fort.

Bienvenue dans la vraie vie !!! sourire

Puis on arrive à l’ascenseur.

Le conseil syndical essaye d’expliquer l’importance d’avoir un ascenseur qui marche. La personne du 4ème a besoin de son ascenseur qui fonctionne et elle l’explique. Certains lui répondent que les travaux sont beaucoup trop chers, que cela fait du bien de faire du sport et qu’ils ne sont pas prêt à payer puis, que 4 étages, ce n’est rien en réalité.

Celle qui ne paye pas ses charges rappelle qu’elle ne peut pas supporter plus et puisque celle du 4ème a les moyens d’acheter une terrasse, elle n’a qu’à tout payer. Après tout l’ascenseur lui sert surtout à elle non ?!

On passe au vote. Les travaux sont adoptés de justesse et ouf !

S’en suit une discussion sur la réalisation des travaux, les dates, …

Et là, les élèves s’aperçoivent que les impératifs des uns ne sont pas ceux des autres et que cela peut amener à des situations difficiles.

Sans être de mauvaise foi, si Monsieur X ne peut pas payer, il ne peut juste pas.

Si Madame Y est handicapée et a besoin de l’ascenseur, il lui faut son ascenseur mais tant qu’il n’est pas financé les travaux sont difficilement commandables et comment faire dans ce cas ? Ils sont vraiment très chers mais la personne handicapée est bloquée chez elle … Bref.

Il n’y a pas de solution toujours possible pour concilier tous les intérêts et les intérêts de ceux qui ont le plus de tantièmes sont ceux qui priment. Le syndic fait au mieux.

La copropriété c’est un régime inhumain où les copropriétaires se retrouvent entassés dans une promiscuité parfois insupportable avec des gens qu’ils ne choisissent pas et qui n’ont pas les mêmes intérêts, les mêmes logiques qu’eux mais avec qui ils doivent s’entendre malgré tout.

Un élève souligne qu’en fait en copropriété, tu n’es propriétaire de rien, n’as le pouvoir pour rien. Tu te crois propriétaire et penses que tu as tous les droits alors que pas du tout. Tu es juste souvent impuissant et n’a le droit de rien faire de ce que tu veux dans les espaces communs et même sur ce qui t’appartient parfois.

Un autre élève a rebondi par cette réflexion :

– la copropriété en fait c’est profondément injuste. C’est la loi des plus forts tantièmes. Si on a pas beaucoup de tantièmes et pas d’alliés, on est obligé de subir et de payer. Ca ne sert à rien de venir en AG.

Un dernier a conclu la séance par ce point :

– Peut-être mais la copropriété ça fait vivre un cabinet. La vente ne rapporte que des revenus aléatoires. La gestion ce sont des revenus sûrs. Il faut en faire.

Bien sûr que j’ai répondu à chacune de leurs réflexions mais ce que j’ai répondu est sans importance même si cela a pu modifier leur perception ensuite. Ce qui est intéressant est la manière dont ils ont réagi et appréhendé le tout de manière instinctive.

J’avais surtout envie de mon finir le post sur ces conclusions-là et partager avec vous le fait que :

J’adore être formatrice et mes élèves. Je les trouve brillants.

Cet exercice m’a donné aussi beaucoup appris et amené une vision différente de mon quotidien professionnel.

J’aime encore plus mon métier de gestionnaire de copropriété ce matin.

#mefautuntriplecafé