Quand Petit Syndic découvre les copropriétaires alsaciens

Ca y est ! J’ai pris mes museaux et mes bagages puis j’ai filé à l’est, du côté de Strasbourg. Mes prochaines aventures de syndic seront celles d’un syndic parisien qui découvre les charmes de la copropriété en Alsace.

Aujourd’hui j’ai fait ma première visite d’immeuble et assisté à mon premier conseil syndical. La résidence fait 120 lots. Les copropriétaires n’avaient pas eu le temps d’être encore prévenus et m’ont découverte un peu circonspects. Leur premier réflexe, naturel, a été d’essayer de voir si j’avais la carrure et de me jauger derrière mon masque.

On m’avait prévenue au bureau avant le rendez-vous. Il paraît qu’ils sont compliqués. La gestionnaire que je remplace s’est faite insulter et ainsi de suite. J’étais donc sur mes gardes.

Je me présente. Ils font la tronche. Ils se font malgré tout à l’idée et me demandent si j’ai de la bouteille. Ouioouui 25 ans. Je suis plus âgée que je n’en ai l’air et cela leur plaît.

Certains me prennent à part pour m’expliquer que la copropriété est compliquée. Bon. J’écoute en leur expliquant que ce n’est pas très encourageant comme entrée en matière. Je coupe court assez vite. Me tournant vers l’intégralité des membres du conseil syndical présents, je leur lance, très solennelle :

– Je tenais à vous dire aussi … « bon courage à vous ».

Je marque un temps d’arrêt pendant lequel ils se regardent sans doute en se demandant s’ils ont bien compris.

– Oui ! Bon courage à vous ! C’est que je n’ai pas la réputation d’être facile facile. Ça risque d’être compliqué pour vous de supporter mon caractère donc « bon courage » !

D’abord interloqués, ils se sont mis ensuite à éclater de rire.

Ouf ! Bingo ! Copropriétaire qui rit, copropriétaire acquis ! Je me suis mise à rire moi aussi.

À la fin de la réunion, j’en ai profité pour rajouter une couche :

– Je vous avais bien dit que j’étais infernale.

Ça les a fait marrer. Il semblerait qu’en définitive je ne sois pas si terrible que ça et que la réunion se soit bien passée.

Mais mais … et ma réputation ? J’espère qu’ils ne le répéteront à personne ! 😉

Moi aussi je les ai trouvés mignons en fait mais ça, c’est entre vous et moi. A eux, je leur expliquerai toujours, en souriant, qu’ils sont impossibles et me rendent chèvre. C’est qu’ils ont l’air de tenir à être vus comme ça et moi, cela ne me dérange pas de leur faire plaisir.

Comme dirait mon recruteur préféré qui me lira peut-être et à qui je dédie cette anecdote pour le remercier pour mon nouveau travail : « votre plaisir est le mien ».

En tous cas, ça fait un bien fou de retourner sur le terrain.

#mefautuntriplecafé