Je reçois une mise en demeure préalable à un arrêté de péril sur un nouvel immeuble.
J’appelle la Mairie pour indiquer que je reprends le dossier et que je vais m’occuper du dossier.
Par ailleurs, ayant déjà vu l’immeuble, je lui explique qu’il est possible que je sois passée à côté du problème mais franchement l’escalier, oki il n’est pas neuf, mais je n’ai rien vu de si catastrophique qu’il puisse entrainer un arrêté de péril.
La …personne chargée du dossier m’écoute et m’indique qu’effectivement, elle n’a pas vu l’escalier en question.
Quelqu’un est passé voir et lui a signalé qu’il manquait des contremarches et que l’escalier « craquait ».
Bon … En même temps, qu’un escalier extérieur qui ne soit pas nouveau nouveau craque de temps en temps quand on le prend …
J’hésite entre éclat de rire et éclat de rire.
Mais finalement, je décide de conserver mon calme.
J’entreprends donc d’expliquer à la dame que je suis plutôt de constitution « traditionnelle » et que, malgré tout, je l’ai monté sans soucis cet escalier.
Si j’avais risqué ma vie en le prenant, je m’en serais aperçue normalement surtout au bout de presque 20 ans de métier.
Mais soit ! Je vais faire venir une entreprise pour vérifier et surtout, je vais lui demander à elle, la chargée du dossier de se déplacer pour vérifier, par elle-même, l’état de l’escalier.
Silence au bout du fil.
Et, après un temps d’hésitation, la gentille fonctionnaire m’avoue que le vrai problème c’est qu’une copropriétaire se sent exclue des décisions de la copropriété.
Elle voudrait que des travaux soient votés mais les autres ne la suivent pas.
OKI oki d’accord …
Comme je lui ai répondu, c’est malheureusement la loi de la majorité et de la copropriété.
On peut vouloir mais ne pas être suivie et surtout, cela ne justifie en rien une menace d’arrêté de péril sur un escalier et un immeuble entier.
#complétementfrapadingues#
Auteur : Petit Syndic
Ca fait 25 ans que je travaille dans le monde de la copropriété.
J’adore mon métier et ce que j’apprécie le plus dedans c’est la relation avec mes clients.
En théorie être syndic c'est gérer des parties communes. En réalité c'est composer surtout avec l'humain.
Il faut aimer profondément l'autre pour être capable de faire ce métier si longtemps parce que ce métier est vraiment dur. Les gens, qui ne sont pas au conseil syndical, nous contactent principalement pour des problèmes. Ils ont un rapport compliqué avec nous parce qu'ils sont souvent au moment du contact dans une situation extrêmement stressante pour eux.
Gérer des parties communes, bien le faire, c'est contribuer à un cadre de vie agréable pour celui qui vit dans la copropriété. C'est une manière indirecte de le choyer.
J'ai aussi la charge d'âmes puisque je suis formatrice en immobilier depuis plus de 10 ans.
J'avais envie de partager des histoires du quotidien en les transformant sous la forme satirique.
Les anecdotes sont un peu mises en scène. Certains traits sont grossis pour rendre les histoires un peu plus drôles et rien n’est identifiable.
Je vous promets aussi qu'aucun personnage de la vie réelle n'a été malmené durant l’écriture d’une de ces histoires. ;-)
