Coronavirus et espaces verts !

Mail reçu hier :

« Bonjour,

Il n’y a pas que les cheveux qui poussent…  Pouvez-vous demander quand et comment notre jardinier prévoit d’intervenir. Merci. »

J’ai adoré.

#mefautuntriplecafé

Coronavirus : dégât des eaux et sinistralité du monde !

Je reprends le blog après une pause pour gérer des difficultés de santé d’où mon silence. Je n’ai repris le travail que hier.

Sans transition, voici la première anecdote du monde en cours de déconfinement :

Hier un locataire appelle pour expliquer qu’il est au 3ème étage et qu’il y a de l’eau qui coule depuis plusieurs jours d’en haut et que ça coule jusqu’au 2ème qui se transforme en piscine.

On fait des recherches et on s’aperçoit que le sinistre proviendrait du 6ème étage.

Le propriétaire joint nous communique les coordonnées du locataire que je m’empresse d’appeler :

– Bonjour Monsieur. Il semble qu’il y ait une fuite en provenance de votre logement qui inonde l’immeuble jusqu’au 2ème étage et coule depuis plusieurs jours.

– Oui ça vient sans doute de chez moi.

– Ah bon ?

– Oui. Avant le confinement j’avais un problème sur un robinet. La propriétaire m’avait donné les coordonnées d’un plombier mais avec le covid, j’ai refusé de le faire rentrer.

Heu … 13 mars … 11 mai … dans ma tête je me disais « sérieusement ? »

Il a poursuivi :

– J’ai du partir pour mon travail à Amiens donc j’ai tout laissé comme ça.

– Mais vous avez fermé l’eau avant de partir ?

– Non.

– Il faut que vous nous donniez accès à votre logement.

– Je ne peux pas je suis à Amiens. Comment faire ?

– Je comprends votre difficulté mais ce n’est pas à moi de la gérer. C’est à vous de vous débrouiller. Ca fait 2 mois que l’eau coule et j’ai maintenant 4 étages qui sont des piscines.

– Oui mais il faut que vous compreniez que …

– Non. Je vous arrête tout de suite. Le pourquoi du comment de la chose ne m’intéresse pas. Moi la seule chose qui m’importe c’est que votre logement soit ouvert et la fuite réparée. Débrouillez-vous pour faire le nécessaire seul sinon je lance une action en référé pour vous aider.

– Mais enfin …

– Non. Débrouillez vous. Le reste, vos difficultés, tout ça, cela ne me regarde pas. Ma seule préoccupation c’est l’immeuble, sa structure, et les désordres dans les logements en dessous parce que vous avez laissé en toute conscience une fuite privative courir pendant des semaines et que vous êtes JUSTE parti sans même couper l’eau.

Je raccroche.

Il m’inonde de SMS, sature mon répondeur pour m’expliquer que finalement, grand seigneur, il a consenti à prendre sa voiture et faire le trajet d’Amiens à Paris, soit 150 km, pour venir au moins fermer l’eau. Il ne faut donc surtout pas je ne touche pas à son logement parce qu’il arrive.

Bon. Je décide de le laisser s’inquiéter, de ne répondre à rien. Je veux être sûre qu’il reste bien sur la route, inquiet pour ses affaires. Je refuse de prendre le risque de faire quoique ce soit qui puisse le rassurer un peu et l’amener à faire demi-tour.

En fin de journée, il rappelle et je le prends cette fois au téléphone parce que je me dis qu’il doit être rentré et a du couper au moins l’eau.

– Bonjour. Vous êtes rentré ?

– Je suis sur la route. Je serai bientôt là.

– Parfait. Merci.

– Mais surtout je voulais vous expliquer. Tout à l’heure, vous ne m’avez pas laissé parler. Je voulais vous parler de QUI JE SUIS. Je suis ingénieur de génie civil. Je ne suis pas un inconscient.

Heu … si le monde d’après est pire que le monde d’avant, le métier risque de devenir vraiment compliqué !

#mefautuntriplecafé

 

 

 

 

Coronavirus : éteindre des incendies !

Mardi, incendie dans un immeuble, pas de blessés et des dommages minimes … OUF !

Vendredi, dans un autre immeuble, les résidents s’ennuient, ils essayent de mettre le feu eux aussi mais pas en chantant.

Voici la note que je me retrouve obligée de faire :

« Jeter ses mégots de cigarette par ses fenêtres dans les espaces verts de la résidence au bas de votre logement n’est pas une attitude civique ou responsable.

Hormis le fait que les espaces verts ne sont pas un cendrier géant ou un dépotoir, les mégots allumés ou mal éteints peuvent être à l’origine d’un incendie.

En temps normal, un incendie n’est jamais une chose souhaitable. A cette période de confinement, cela l’est encore moins.

Je vous remercie donc de garder vos mégots dans vos logements et de les jeter, après les avoir éteints, dans vos poubelles. »

#mefautuntriplecafé

 

Coronavirus : quand l’immeuble a une gardienne !

– Comment allez-vous Monsieur ?

– Bien. Merci.

– Ca va dans l’immeuble ?

– Oui tout va bien. Je passe beaucoup de temps au téléphone avec la gardienne. C’est très dur pour elle le confinement. Je l’appelle tous les jours vous savez. C’est quelqu’un de très sensible.

Il faut savoir que la gardienne est vraiment vraiment charmante.

Mais, en même temps, difficile de ne pas trouver mon Président du Conseil Syndical trop chou, vous ne trouvez pas ?

#mefautuntriplecafé

 

 

Coronavirus : expertise dégât des eaux !

Quand l’assistante de l’expert d’assurance appelle :

– Bonjour. Je vous propose une expertise le 5 avril à 10h. Nous ne nous déplacerons pas donc on peut la faire en visio ?

– D’accord.

– Mais vous serez sur place ?

– Je suis syndic. Je ne vis pas à l’immeuble. Si, vous, vous ne voulez pas prendre de risque d’y aller, vous n’attendez pas quand même que, moi, je prenne ce risque, que vous ne voulez pas prendre, pour y aller ?

– Non bien sûr ! Comment fait-on alors ?

– Et si on décalait le rendez-vous en juin 2020 ?

– Oui c’est bien.

Voilà voilà

#mefautuntriplecafé

Coronavirus : le pré état daté !

Quand le négociateur d’un autre cabinet m’appelle pour demander un pré état daté et qu’il est tellement soulagé d’avoir quelqu’un en cette période de coronavirus, que pour me remercier, il m’annonce :
  • si en tant que syndic, tu as besoin d’un pré état daté, n’hésite pas à m’appeler, je te rendrai la pareille.
Heu …
Mouais …
Enorme éclat de rire !
J’ai failli lui demander comment on allait faire pour le renvoi d’ascenseur pratiquement et s’il fallait que je lui envoie tous mes notaires mais je n’ai rien dit.
J’ai simplement souri.
En fait bosser actuellement, être réactive, continuer à gérer les immeubles, c’est aussi une manière de contribuer à la lutte contre ce virus.
Voici l’histoire que je me raconte chaque matin difficile, quand le confinement se fait trop lourd et que rester chez moi devient trop compliqué.
Je m’imagine au front sur la zone de combat, en train de contribuer à mon petit niveau à maintenir l’entretien des immeubles, l’activité de ma boîte et le travail de mes collègues.
C’est peut-être arrogant mais il faut bien s’encourager comme on peut.
Il parait que le sourire passe par le téléphone. J’espère vraiment.
#mefautuntriplecafé

Coronavirus : Quand le syndic fixe son planning d’AG

Depuis la semaine dernière, je rappelle mes Présidents de Conseils Syndicaux et recale mes nouvelles dates d’Assemblée Générale. Je tombe sur Madame K :
  • On est sauvés Madame DIOP ! On est sauvés ! Je suis si contente ! C’est chouette que vous m’appeliez. J’allais vous appeler pour vous le dire.
  • Ah ?
  • Oui ! Les chinois sont en Italie !!! Ils sont venus en renfort ! Moi j’aime beaucoup les chinois ! Vous les aimez aussi ?
  • Heu … oui bien sûr !
  • Ils sont merveilleux ! On est sauvés ! Puis il faut boire de l’eau argileuse à grain à jeun !
  • D’accord ! D’accord !
Bon … ça s’annonce folklo !