Quand le copropriétaire refuse de relancer !

C’était l’an dernier. Il était 22h et je venais à peine de finir mon assemblée générale quand un copropriétaire m’a expliqué :

– Si je dois vous relancer, je démissionne du conseil syndical. Moââââââââ je ne relance Jaamaaaaaaaaaaaaais ! »

Moi, très calme :

– Bien démissionnez maintenant !

Lui :

– ….

Moi, expliquant :

– Je comprends que ma charge de travail soit le cadet de vos soucis mais je vais quand même vous expliquer.

Lui :

– …….

Moi :

– Voyez, il est 22h. Je suis encore avec vous. Je ne serai pas chez moi avant minuit. Demain je pars à 7h pour être à l’heure sur un chantier. Ça me fera moins de 5h de sommeil et ce sera comme ça tout le mois de juin, tous les jours. Je vais être de plus en plus épuisée. Je ne pourrai pas faire plus.

Lui :

– ….

Moi :

– Si vous n’acceptez pas que je prenne du temps pour vos demandes qui ne sont pas urgentes en ce moment et de me relancer parfois aussi pour celles qui le sont si elles m’échappent, dans un esprit constructif d’assistance du syndic telle que la loi de 1965 le prévoit, bien cela va être extrêmement compliqué.

#mefautuntriplecafé

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Quand le copropriétaire est flippant !

A 7h45 un matin, il y a plusieurs années, j’étais sur un immeuble du 13ème pour aider le plombier à entrer dans les logements.

En effet il pleuvait littéralement dans les parties communes mais les occupants de l’immeuble, principalement des locataires chinois, n’ouvraient pas la porte, même quand ils étaient là.

On avait prévenu le Président du Conseil Syndical la veille de notre venue en lui demandant son aide parce que certaines parties communes étaient simplement en train de s’effondrer.

Quand on était arrivé, on a trouvé les locataires au garde à vous devant leur porte ouverte.

Leur attitude n’avait rien à voir avec celle que l’on connaissait d’habitude. Il y avait aussi des personnes qui étaient à l’entrée de chaque couloir comme pour surveiller. Puis, sur chaque porte, on a vu collé un mot en mandarin …

Heu … mais qui était ce Président de Conseil Syndical ?

#mefautuntriplecafé

Quand il y a des cafards dans l’immeuble !

La gardienne :

– Les cafards viennent forcément de chez eux. Ce sont nos seuls africains.

Moi :

– Ah au fait. Il faut que je vous fasse goûter une spécialité de chez moi.

Et je sors mon saladier de fatayas. Les fatayas sont des petits chaussons fourrés au thon que l’on trempe dans une sauce à la tomate.

Elle goûte et me fait :

– Hummm c’est délicieux. Mais c’est où chez vous ?

– Le Sénégal. L’Afrique quoi…

Puis j’ai rajouté pendant qu’elle rougissait :

– Et puisque vous aimez, je vous en ramènerai un saladier plein la prochaine fois.

J’ai failli lui demander si elle préférait avec ou sans cafards mais je ne l’ai pas fait.

#mefautuntriplecafe

Quand le copropriétaire se moque de son syndic !

Hier, visite d’un immeuble qui vient d’être affecté à mon portefeuille :
– Bon finissons par les caves si vous le voulez bien.
– Ah j’ai oublié les clefs. Attendez moi je monte les chercher.
– Je ne bouge pas.
Elle revient et me trouve en train d’installer ma lampe frontale.
J’ai l’air ridicule avec ce bazar allumé sur la tête. Je le sais. Je ne prends pas mal son éclat de rire à peine caché.
Elle devait penser que sa nouvelle gestionnaire était totalement allumée. Déjà j’étais en jean et tennis, ce qui est plus pratique pour crapahuter partout. Ensuite, je suis la première qu’elle voit qui monte sur le toit. Enfin pour aller voir les caves, je m’équipe comme si je faisais de la spéléologie. J’imagine qu’elle se délectait de raconter l’aventure à ses copines. Bref.
Elle ouvre la porte de la cave, totalement hilare, et me fait :
– Ah zut ! Il n’y a pas de lumière. Je dois aller chercher une lampe torche.
Je la regarde en rigolant franchement et lui demande :
– Parce que vous pensiez que c’est par fantaisie que j’ai mis ce truc sur ma tête ?
Sans attendre sa réponse, je me suis engouffrée dans les caves, la lumière au front,mon ordinateur portable et mon sac à main en bandouillère.
#supersyndiccestbibi #toujoursavoirunefrontalesursoi

Quand le syndic est miteux !

Une dame de 80 ans, toute enrubannée, débarque au bureau un jour :

– Chère Madame, c’est inadmissible d’être relancée ! Notre précédent syndic ne m’aurait jamais relancée !

Elle regarde autour d’elle et elle rajoute, pleine de compassion pour les miséreux de syndic que nous sommes, d’un coup, :

– Bon c’est vrai que LUUIIIIII avait ses bureaux dans le 7ème. C’était quand même un autre quartier !

J’ai failli lui rappeler que l’immeuble dans lequel elle vivait était également dans ce quartier de miséreux qu’elle pointait du doigt et que les copropriétaires avaient,  peut-être, finalement le syndic qu’ils méritaient … . La copropriété est en effet à 3 mn à pied du cabinet. Bon. Je n’ai rien dit et je me demande encore quel miracle m’a rendue muette. J’ai simplement attendu la suite.

– Ce syndic était formidable ! Il nous disait de ne pas nous inquiéter et de payer nos charges quand nous voulions.

– D’accord mais comment étaient payées vos factures ? L’eau, l’électricité, la gardienne, l’assurance ?

– Peu importe ! Ce que je retiens c’est juste qu’il était formidable. On payait juste quand on voulait et on y pensait. Parfois certains sont restés un ou deux ans sans rien payer vous savez ! Ils étaient en voyage. Ils avaient oublié.

– Mais les factures de la copropriété, qui les payait ? Vous ne répondez pas à la question !

– Je n’en sais rien. Ce syndic devait les payer, peut-être, lui sur le cabinet et se rembourser ensuite.

Forcément ! C’est comme cette histoire de marmotte qui met le chocolat dans l’aluminium …

J’ai laissé passer une seconde et avant que je ne réponde, elle a rajouté, la main sur le coeur :

– Recevoir une lettre recommandée est un tel choc ! J’ai failli mourir quand j’ai vu l’avis de la poste. Je suis très en colère vous comprenez ! Je voulais acheter un pistolet et venir vous voir mais finalement, je ne l’ai pas fait. Par contre, dites bien au service recouvrement que je suis si en colère que j’ai envie de leur crever les yeux !

C’est certain que je comprenais bien la situation … non mais sérieux !

#mefautuntriplecafé

 

Quand le syndic tombe en amour pour ses copropriétaires !

Au cours de l’assemblée générale, un copropriétaire se lève et demande la parole :

– Je voulais vous demander quelque chose. Monsieur X vient de décéder. Il s’occupait beaucoup du jardin. Nous avons tous des souvenirs agréables avec lui. Je propose qu’en sa mémoire, nous plantions un arbre dans le jardin.

J’ai eu peur que les autres l’envoient bouler comme cela arrive parfois mais, non !

Ils ont tous été d’accord et ont proposé de demander à sa veuve quel arbre ce Monsieur préférait et de voir avec le jardinier où le planter.

Personne n’a parlé de prix.

Mon coeur a débordé de tendresse pour ces clients-là d’un coup.

J’ai eu du mal à ne pas leur dire à quel point leur attitude était chouette.

#mefautuntriplecafé