Quand l’oiseau du locataire prend l’air !

Appel d’hier matin :

– Bonjour. Je suis l’occupant de la brasserie. Je vous avais parlé d’une infiltration avec odeur d’urine tous les matins par la verrière. Vous vous rappelez ?

– Oui on avait cherché et rien trouvé comme canalisation ou autre qui aurait pu être à l’origine du problème.

– Bien. Moi je viens de trouver. Ce matin j’étais là en avance et quand je suis arrivé, j’ai vu le locataire du 4ème étage pisser par sa fenêtre. Je suis monté le voir et son pas de fenêtre est une flaque d’urine.

– …

– A priori tous les matins, plutôt que d’aller au WC, Monsieur sort de son lit, ouvre la fenêtre et pisse du 4ème sur ma verrière.

Non, mais, est-ce que vous imaginez la scène ?

Le type se lève, sans doute nu comme un ver, plutôt que de faire 1 m pour aller au WC à droite, il fait un mètre pour aller à la fenêtre à gauche, l’ouvre, se met sur le rebord et pisse sur le monde tout fier tous les matins … Limite il accompagnerait le tout de grognements de victoire façon homme des cavernes que cela me semblerait normal dans le contexte.

J’étais tellement navrée que je n’ai pas su quoi répondre pour consoler mon commerçant qui lui se retrouve tous les matins avec une verrière pleine d’urine à nettoyer et des odeurs toute la journée en terrasse, ce qui le pénalise fortement commercialement parlant.

J’ai tenté une touche d’humour, assez malvenue je vous l’accorde.

– Il fait prendre l’air à son oiseau !

– Ce n’est pas drôle ! On a failli en venir aux mains. J’ai appelé la propriétaire qui m’a dit que c’était un squatteur et qu’elle ne pouvait rien faire. J’ai appelé la police qui ne veut rien faire.

– Oui donc vous appelez le syndic …

– Oui si la police ne fait rien, je me suis dit que vous vous pourriez intervenir.

Très franchement, j’ai eu l’appel à 8h du matin. J’étais chez moi en train d’attendre une livraison de fuel. J’ai pensé à la situation, au contenu des courriers à faire et j’ai failli retourner me coucher en me disant que « Nonononon. Cette journée, je ne voulais même pas la commencer. Je préférais me rendormir et me réveiller directement le lendemain. »

Bon je ne l’ai pas fait. J’en rigole après coup mais sérieusement, parfois les gens, ils sont si déconcertants !

#mefautuntripelecafé

 

Quand le syndic bosse !

Rendez-vous un matin à 8h30 sur un immeuble pour accompagner un de mes gestionnaires
Le courant passe bien entre le Président du Conseil Syndical et moi.
A la fin du rendez-vous :
– donc pour l’assemblée générale de mars, il faut la faire le plus tard possible dans la journée parce que les gens travaillent vous comprenez.
Moi avec un grand sourire et surtout du tac au tac :
– parce que nous, c’est bien connu, on ne travaille pas.
Et j’éclate de rire.
Il me regarde surpris puis se met à sourire :
– oui bon. Je comprends ce que vous voulez dire mais vous… Et il cafouille
Je rigole encore plus fort et je lui balance :
– oui je sais bien. Je vous taquine.
Il rigole.
Il nous a quitté en expliquant qu’il aimait ma vision des choses et du métier un immense sourire sur les lèvres.
Ça fait du bien.

#mefautuntriplecafé

 

Quand le syndic retombe en enfance !

Avez-vous déjà vécu la situation d’un monologue si long d’un président de conseil syndical (PCS) que l’on finit par ne plus écouter réellement ce qu’il dit ?

Bien  !

Imaginez que c’est encore plus long que cela.

Bien !

Imaginez que c’est encore plus long et que cela devient quasi un enfer sur terre cette discussion.

Puis d’un coup, le PCS commence à parler de pirouette d’une entreprise intervenue qui promet de réintervenir mais ne réintervient jamais, pirouette d’un copropriétaire qui ….  et patati et patata en semant des pirouettes partout.

Vous, ce que vous retenez c’est juste le mot pirouette et vous vous retrouvez avec une envie quasi impossible à réfreiner de répondre par un magnifique « cacahuète ! » à chaque « pirouette » prononcé et que vous ne pouvez vraiment pas répondre ça …

#frustration #mefautuntriplecafé

Quand l’autre devient un enfer en copropriété !

J’étais en conseil syndical d’un chouette petit immeuble.

J’aime beaucoup ces clients-là. Ils sont dynamiques et humainement adorables.

Une des préoccupations des résidents est l’usage des poubelles. Souvent les poubelles débordent et c’est insupportable pour ceux qui y vivent.

Le Président du Conseil Syndical nous donne une information précieuse. Il nous apprend qu’il a découvert qu’un résidant, au lieu d’ouvrir le couvercle et de mettre son sac dans la poubelle, le pose sur le couvercle de la première poubelle à sa portée. Souvent la poubelle en question est vide et tout le monde la croit pleine, ce qui fait que tous les autres sacs sont jetés dans la deuxième poubelle qui déborde vite et le local se trouve avec des sacs partout. Cela n’a l’air de rien mais cela désorganise toute la gestion des poubelles et crée un bordel monstre.

Un des membres du conseil syndical rebondit :

– C’est dommage que l’on ne sache pas qui est le responsable. Il faudrait ouvrir le sac et investiguer.

Mon président de conseil syndical :

– Bon … d’accord. Je vous dis tout. J’étais tellement en colère que je l’ai fait.

Un silence s’installe.

– Oui j’ai autopsié le contenu de la poubelle. Je n’y ai trouvé aucun indice hormis une couche de bébé.

Moi :

– Il suffit maintenant de savoir qui a un bébé dans l’immeuble.

Et là, j’ai eu un flash. J’ai pris conscience de ce qui se passait et me suis dit d’un coup que mon métier était sur réaliste.

La vie en copropriété n’est pas un mode de vie humaine. On s’entasse les uns et les autres que l’on ne choisit pas dans des lieux tous petits. L’autre nous pourrit la vie et, tout éduqué et brillant que l’on puisse être, on peut parfois tellement en avoir marre de l’autre que l’on peut, sans trop comprendre comment c’est possible, devenir irrationnel et se retrouver à fouiller des poubelles et examiner des couches usagées de bébé.

Et moi syndic, je peux me sentir si concernée par les problèmes de mes copropriétaires que j’en arrive à parler d’enquêter sur des couches.

L’enfer c’est les autres que disait Sartre, non ?

#mefautuntriplecafé

Quand les opinions détestables s’invitent en copropriété !

Un après-midi, je me suis retrouvée à expliquer à un conseil syndical, au cours d’une réunion, en m’excusant de mon peu de diplomatie parce que finallement il n’y a pas de manière délicate de formuler les choses parfois, qu’il n’est pas possible :

1- d’arriver au bureau et demander à parler à « la personne noire »

2- de commencer une discussion avec une de mes gestionnaires en indiquant « ah, vous êtes la personne noire »

J’ai du leur expliquer, sans m’énerver, que cela ne se faisait pas et devant leur début de protestation, leur répondre fermement qu’il n’y avait même pas débat sur le sujet.

Je les ai regardés baisser la tête ensuite et répondre en choeur « c’est vrai » et promettre qu’ils ne le feraient plus.

Mais comment est-ce que l’on peut se retrouver dans ce genre de situation-là ?

C’est quand même hyper compliqué de faire la leçon à des adultes, clients de surcroît, comme s’ils étaient des mômes terribles que l’on a la charge d’éduquer.

Mais en même temps, ce n’est pas possible de les laisser traiter comme ça ma collaboratrice et qu’ils continuent de l’appeler « la personne noire » au lieu de Madame X.

mefautuntriplecafé

Quand le copropriétaire doit déménager !

– Bonjour Madame le syndic.

– Bonjour Madame.

– Je vous appelle parce que je dois déménager et que j’ai besoin de trier mes papiers. Pouvez-vous m’indiquer ce que je dois garder ou non ?

Heu …

J’ai raccroché bien vite avant qu’elle ne me demande de porter ses cartons.

#mefautuntriplecafé

Quand le syndic explique l’importance d’une corde en copropriété …

Hier nous recevions un client qui était venu nous faire l’historique de son immeuble.

Et papati et papata et puis d’un coup j’entends :

– Heureusement que je suis du bâtiment parce qu’ils ont livré l’immeuble sans escalier.

Heu …

Oui … hein …

J’éclate de rire et lui explique :

– Mon père avait raison. Il m’a toujours conseillé d’avoir une corde assez longue chez moi. Si j’avais acheté dans votre immeuble à l’origine, je n’aurais pas eu de soucis ni pour rentrer ni pour sortir.

Il se marre et continue de m’expliquer les choses :

– donc pour finir de dérouler le fil …

– Voilà … toujours cette histoire de corde. Pardon de vous couper mais cela semble tout de même essentiel en fin de compte et pas que pour pendre le syndic ! lol

Et ainsi de suite.

Parfois, je suis d’humeur blagueuse et heureusement que mes clients peuvent le comprendre et rigoler avec moi.

Ca n’empêche pas d’être professionnelle et de répondre à leurs questions mais cela permet de passer de bons moments.

Toujours est-il que cette histoire de corde a créé du lien entre nous et qu’il a fini par m’indiquer qu’il cherchait un syndic pour un autre immeuble dans lequel il a aussi des biens. Nous avons rendez-vous vendredi prochain.

Mon père avait raison !

#mefautuntriplecafé