Le copropriétaire et les travaux de ravalement !

Après 3 échanges de mail je finis par appeler la copropriétaire.

Je comprends que la dame refuse de payer les travaux de ravalement et l’écoute m’exposer ses arguments :

1- je n’ai pas tenu compte de son règlement
En même temps, elle me demande d’encaisser un chèque en différé et pleure ensuite parce qu’il ne figure pas sur son compte.

2- elle n’était pas au courant des travaux
Donc je suis à priori responsable du fait qu’elle ne lise pas les convocations ou les PV et n’aille pas aux réunions.

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3- elle n’a pas donné son accord pour les travaux
Oui mais ça c’est la loi de la copropriété. Je n’y peux rien si elle n’a pas opté pour un pavillon individuel ou la location.

4- bon, elle n’est pas d’accord avec le coût des travaux et a même essayé de trouver des devis moins chers
Ah bon ? Donc elle était bien au courant finalement.

5- Oui elle était au courant mais ne savait pas qu’ils allaient commencer
Oui mais on reboucle sur le fait que si elle avait lu le PV, elle aurait su.

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6- Les travaux n’ont duré que 10 jours
Archi faux. Ils ont bien duré les 4 semaines annoncés et je note qu’elle ne se manifeste que 4 semaines après leur fin !

7- Bon de toute manière elle n’a pas la trésorerie.
Certes et je ne suis pas contre un échéancier mais je contre le fait qu’elle s’acharne sur moi à chaque appel travaux qu’elle reçoit.

#mefautuntriplecafé

Quand l’interphone ne marche pas !

– Bonjour Madame. Je vous appelle pour mon problème d’interphone.

– Bonjour Madame. Vous êtes la seule à m’avoir appelée pour ce problème. Je suppose que le problème est privatif.

– Oui j’ai vu avec mes voisins. Leurs interphones fonctionnent parfaitement.

– Bon donc il y a peut-être un soucis avec votre poste ou un fil déconnecté ou …

– Ah … je vous remercie de m’écrire votre diagnostic et que le poste est à changer SVP.

Et là, j’ai failli éclater de rire. La copropriétaire imaginait à priori, et très sérieusement de surcroît, qu’elle pouvait consulter le syndic comme elle aurait consulté une voyante par téléphone pour qu’il diagnostique à distance les pannes. Super syndic c’est moi !!! LOL.

– On ne s’est pas bien comprises. Je ne fais pas de diagnostic par télépathie de mon bureau. Je vous ai simplement indiqué que le problème était privatif, suivant les données que vous me communiquiez, et énuméré les différentes possibilités de panne.

– Ah d’accord. Ecrivez le moi quand même.

– D’accord. Je vous donnerai aussi les coordonnées d’une société à contacter.

– Merci beaucoup Madame.

Elle a raccroché contente.

#mefautuntriplecafé

Quand les comptes de fée se déclinent en copropriété !

Je travaille depuis plus de 15 ans avec le même petit plombier. J’en suis contente. Mes clients aussi parce qu’il est très efficace, ses prix sont doux.

Hier, il vient au bureau prendre une clef.

Je le regarde circonspecte. C’est que depuis 15 ans, je le vois plutôt en mode gars du bâtiment. Là il vient tout beau avec un col roulé, rasé de près. Bref. Il y a un truc que je ne comprend pas.

Il y a également une odeur plutôt forte et inhabituelle de parfum dans l’accueil qui me surprend. Il s’agit de Chanel numéro 5. J’en reconnais l’odeur que je porte parfois.

Ca n’a aucun sens que notre accueil sente si bon et si capiteux d’un coup.

Je lui demande s’il la sent aussi. Il me répond que c’est peut-être lui parce qu’il sort d’une intervention dans une de mes copropriétés et que les filles de la parfumerie au rez-de-chaussée, pour le remercier, l’ont « un peu » parfumé.

Dur de ne pas éclater de rire. Mais sérieusement, tout fout le camp et rien ne va plus !

Mettez un gars du bâtiment en présence de jolies femmes et c’est plus efficace que le bisou de la princesse sur le crapaud. Il se transforme par magie.

Mon plombier à l’ancienne se retrouve à aller, tout endimanché, réparer une fuite sur une évacuation des eaux vannes, et en ressort en sentant bon Marilyn Monroe.

#mefautuntriplecafé

 

 

 

 

 

 

Quand le copropriétaire a un soucis de couleur !

Les membres du conseil syndical à qui j’avais expliqué qu’ils ne pouvaient pas appeler leur gestionnaire « la personne noire » (anecdote ici),  que cela ne se faisait simplement pas, débarquent au bureau.

En fait, depuis ce fameux rendez-vous, ils ont offert à ma gestionnaire un mini paquet de bonbon, emballé dans une petite enveloppe de courrier, pour s’excuser en lui expliquant qu’ils n’avaient pas de mauvaises intentions et ont promis de s’amender. Véridique.

Je passe sur les commentaires que je pourrais faire de cet acte qui est soit insultant au possible ou d’une maladresse folle. Mais bon … je les crois sincèrement d’un autre temps et plus à la masse que volontairement méchants.

Puis ils m’adorent. Cela ne les sauve pas mais cela rend le tout totalement incongru.

Ils débarquent donc au bureau lundi, à 4, sans rendez-vous, comme s’il fallait être nombreux pour aller affronter le syndic. C’était surprenant.

La gestionnaire étant absente, je les reçois.

Ils demandent des tas de choses puis à la fin, on arrive à THE demande que me fait le Président du conseil syndical :

– Petit Syndic, c’est gentil de vous occuper de nous. Tout semble réglé à part ce dernier point. Voici les coordonnées d’une entreprise de plomberie que j’aimerais bien que l’on fasse intervenir à l’avenir dans l’immeuble.

– D’accord.

Il poursuit :

– Mais attention, ce Monsieur est …

Il allait dire quelque chose, me regarde, puis ne sait plus quoi dire d’un coup. Il hésite et reprend :

– C’est une personne de couleur …

et là s’installe un silence durant lequel ils me scrutent. Je ne dis rien.

– enfin, vous savez … vous comprenez quoi ! Ca peut surprendre qu’il soit …

#mefautuntriplecafé

Quand le syndic et le plombier visitent l’immeuble !

C’était un matin, il y a deux ans.

Je devais faire la visite de l’intégralité des logements d’un immeuble avec plombier pour détecter les fuites qui mettent en péril la structure de l’immeuble.

Les locataires et propriétaires ont bien sûr été prévenus et j’étais à 8h et des poussières devant l’immeuble avec un plombier.

Dès la première ouverture de porte, on tombe sur une petite nana en micro short rose et débardeur en dentelle transparent avec des pantoufles lapin aux pieds qui nous ouvre et nous balance un truc du genre :

« Ohhhhh. Vous me prenez au réveil par surprise ».

Voilà voilà … Difficile de ne pas répondre : pompopidou ohhhhhhhh

#mefautuntriplecafé

 

Quand y a de l’esclavage en copropriété !

C’était une réunion étrange d’un petit immeuble de banlieue parisienne, il y a quelques années.

Je pensais que mes copropriétaires allaient se battre avant de comprendre que hurler était leur mode de communication habituel entre eux et que tout allait en réalité très bien.

Puis au détour des cris des uns et des autres, je comprends que le commerce du rez-de-chaussée loge son homme à tout faire Philippe dans les caves.

– Heu ?!!!!! Les caves ?

Un silence d’un coup se fait dans la réunion et, tous, ils se retournent tous vers moi en m’expliquant de manière à me rassurer que oui dans les caves mais, attention, dans des caves privatives.

En gros le message était clair : circule le syndic …. y a rien à voir.

Donc ce sont des caves privatives transformées en appartement. Tout va bien surtout que selon eux, cela lui fait un nid bien propre et douillet.

Bon … je découvrais les copropriétaires mais j’avais visité l’immeuble. Je connaissais l’état des caves, leur humidité, l’état des plafonds, … et la possibilité d’y vivre dans de bonnes conditions me laissait plus que dubitative.

Je les regardais totalement interloquée, cherchant à intégrer l’information et un moyen de la gérer pour leur répondre. Mais comme je gardais le silence, ils ont du penser que tout allait bien et ils ont repris leur discussion.

Moi je faisais le point.

Philippe est un homme français majeur et vacciné. Il est libre de ses mouvements aussi. Je me demandais si cela pouvait être considéré comme de l’esclavage et comment agir si c’était le cas. Je l’avais rencontré plusieurs fois. Les caves de l’immeuble n’étaient pas en super état. Je n’imaginais pas que l’on puisse se satisfaire d’un coin de cave humide, situé sous son lieu de travail pour être corvéable plus facilement, pour vivre. Mais est-ce que lui pouvait n’y trouver rien à redire ?

Bref. Je me posais tout un tas de question en finissant cette curieuse réunion.

Les copropriétaires enfin partis, la propriétaire du commerce débarque au cabinet et s’installe. Elle comprend bien que la réunion est finie et qu’elle arrive trop tard mais elle avait besoin que l’on parle d’elle et d’être remerciée pour tout ce qu’elle faisait pour l’immeuble.

Très franchement, ce n’est pas à 21h que j’avais envie d’avoir ce genre de discussion avec une copropriétaire. Cela faisait déjà 13h que je travaillais. J’étais fatiguée et j’avais juste envie de rentrer chez moi.

Je demande malgré tout des précisions sur son implication dans cette copropriété que j’étais en train de découvrir et d’appréhender.

Elle m’explique qu’elle a fait faire des travaux, gratuitement, par Philippe, son homme à tout faire et elle me les liste :

– elle a fait réagrandir les soupiraux. Très bien ! Sauf que c’est elle qui les avait bouchés à l’origine.

– elle a aussi repris un trou en façade. Parfait ! Sauf que ce trou a été créé parce qu’elle avait laissé pousser un arbre de ses caves à l’extérieur de l’immeuble en traversant le mur.

et ainsi de suite.

En gros, elle s’attribue le mérite d’avoir fait réaliser des travaux pour réparer les conséquences négatives des décisions qu’elle a prises. Elle ne répare rien elle-même de surcroît puisqu’elle fait tout faire par Philippe gratuitement, sans le rémunérer pour.

J’écoute sans réellement écouter en me demandant comment écourter au mieux l’échange et rentrer enfin chez moi.

Puis j’entends son ton monter et je prête une oreille plus attentive à ce qu’elle dit.

Je comprends qu’elle râle contre la copropriété et moi, parce que pour ces travaux « gratuits », elle a appris que les copropriétaires se sont malgré tout collectés pour donner une pièce à Philippe et, ça, cela ne lui plait pas du tout à ma commerçante.

C’est qu’il ne fallait rien donner à Philippe parce que, comme elle me l’explique, il n’a besoin de rien cet homme.

Forcément ! 

#mefautuntriplecafé

 

Quand le copropriétaire est un roi du pétrole !

Je viens de récupérer un immeuble dans lequel le ravalement a été lancé avec plusieurs entreprises, un architecte mais sans coordonnateur SPS. J’arrive sur l’immeuble à la fin des travaux. Il ne manque que des travaux complémentaires découverts en cours de chantier. En attendant leur vote, tout est mis en pause.

Lors de la réunion extraordinaire convoquée pour voter des travaux supplémentaires, je propose de prendre un coordonnateur SPS pour la fin du chantier.

Les copropriétaires me demandent ce que c’est. J’explique. Ils comprennent, même si je ne le mets pas en avant, que le chantier a été réalisé sans et les conséquences en cas d’accident.

Monsieur X, américain, prend la parole :

– C’est inadmissible ! Dans le pétrole, quand on a un soucis de sécurité, on arrête le chantier IMMEDIATEMENT !

Bon … c’est sûr !

– Arrêtons le chantier !

Moi, qui essaye de temporiser :

– Vous avez raison sur le principe et les questions de sécurité ne sont pas négociables. Je ne discute pas là dessus.

– Oui ! Arrêtons tout ! Immédiatement !

– Toutefois … les chantiers en copropriété ne sont pas au même niveau qu’une plate-forme pétrolière en pleine mer. Ici, il y a eu un manquement c’est évident ! De la part de l’architecte qui n’a pas joué son obligation de conseil, de l’ancien syndic aussi et ainsi de suite.

– Je suis d’accord.

– Par contre, nous sommes à la fin du chantier. Tout arrêter maintenant, demander aux entreprises de déposer leur échafaudage et partir, même si vous avez raison sur le principe, serait financièrement trop impactant pour la copropriété alors que le risque est fini. Faisons un calcul rapide …

– Nous avons eu de la chance ! On s’en fout du pognon !

Je voyais mes autres copropriétaires se décomposer et se désolidariser dans leurs attitudes. C’est que tous ne sont pas des rois du pétrole et oui leurs portefeuilles sont bien garnis mais enfin …

Ils commençaient à faire leurs calculs : bon retrait de l’échafaudage, retour de l’échafaudage ensuite etc … peu de copropriétaires, … et ainsi de suite. Le principe ok mais le risque a disparu et tout le monde ne peut pas ou n’a pas envie de sortir 10000 euros de plus juste pour des questions de principe après coup.

– Mais bien sûr ! Evidemment ! Nous avons eu de la chance ! Vous avez raison sur tout ! Mais ceci étant posé, il n’y a eu et merci à la vie aucun soucis ! Je vous propose donc d’avancer. Finissons maintenant le chantier en prenant un coordonnateur SPS pour les travaux supplémentaires que vous allez me valider ce soir, ce qui supprimera le risque à venir.

#mefautuntriplecafé