Quand le syndic n’est pas syndic mais qu’il ne le sait pas !

C’était l’an dernier … Après 6 heures de réunion (2 successives) et je n’avais plus les yeux en face des trous !

La dernière réunion s’annonçait difficile. Mes copropriétaires se détestaient. A l’ordre du jour j’avais une procédure contre l’un d’entre eux pour des travaux réalisés sans autorisation.

Je l’avais commencée en raccompagnant à la porte du cabinet, calmement mais fermement, un gars un peu furibond, de plus d’1m80 costaud et tout … un entrepreneur qu’un copropriétaire voulait imposer à l’assemblée générale et que les autres avaient éjecté. Bon.

Alors que je revenais dans la salle de réunion, une des copropriétaires, que je ne connaissais pas encore, m’a applaudie comme si j’étais une star et a demandé aux autres de faire pareil puisque j’étais la « coordinatrice en chef » et que le syndic n’était pas encore arrivé.

Ma Présidente du Conseil Syndical s’était empressée de rectifier :

– Mais non ! Petit Syndic n’est pas coordinatrice. C’est le syndic. C’est elle qui nous gère, qui s’occupe de nous.

Oui … voilà voilà … accessoirement je fais garde d’enfants, de copropriétaires, médiatrice, machine à donner des baffes ou des bonbons, … bref, je sais tout faire.

La copropriétaire s’était remise à applaudir de plus belle !

Bon … j’avais attendu qu’elle se calme, installé mon plus joli sourire commercial et avais remercié :

– Merci ! Les temps ont changé. Il y a 20 ans on se levait quand le syndic arrivait. Ca me fait plaisir de retrouver ça au travers des applaudissements de certaine d’entre vous.

C’est le moment qu’avait choisi l’architecte de l’immeuble pour retirer sa veste.

J’avais regardé la copropriétaire qui avait une machine à applaudir à la place des mains et lui avais demandé :

– Et alors ?

– Quoi ?

– Bien lui, il vous fait un spectacle digne des plus grands show et vous rien, pas un applaudissement.

– Non. je n’applaudis que le syndic. C’est bien vous le syndic non ?

– Non. Moi je suis la coordinatrice en chef. Nous attendons toujours le syndic. Ceci dit comme il semble avoir du retard, je vous propose d’ouvrir la réunion.

Non mais sérieux !

#mefautuntriplecafé

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Quand le syndic brise le coeur de ses copropriétaires !

Hier soir en assemblée générale alors que l’on parlait de la manière dont l’immeuble a été divisé en logements tous différents, un vieux monsieur, plein d’intelligence, se tourne vers moi et me glisse :

– Quand le syndic a changé, je suis passé d’un 5 pièces à un 4 pièces sur le papier. Cela m’a beaucoup chagriné. Mais j’ai un 5 pièces Madame, il faut absolument que vous le sachiez !

Ce qui commençait à se transformer en bataille d’ego entre copropriétaires, le coup du « moi j’ai la plus grande » appliqué à la taille des logements, s’est transformé en immense éclat de rire.

Ce sont des petits moments magiques qui font que j’adore mon métier.

Un copropriétaire légaliste en réunion !

Le copropriétaire :
– C’est quoi ces articles 24, 25 et 26 que vous évoquez partout ?
– Ce sont les modalités de prise des décisions en AG et patati et patata et j’explique chacun des articles.
– Mais ces articles font référence à quoi ? J’ai regardé le règlement de copropriété et je ne vois pas comment les articles 24, 25 et 26 du règlement de copropriété peuvent servir à voter des résolutions.
– Il ne s’agit pas du règlement de copropriété mais d’article de loi.
Ils sont repris dans le règlement de copropriété mais à un autre chapitre si vous préférez. Les règlements de copropriété n’ont pas l’obligation de faire coïncider au chapitre 24, les modalités de l’article 24 de la loi.
Bug de mon copropriétaire :
– Mais le règlement de copropriété ?
– Il n’est pas supérieur à la loi.
– Mais … c’est quoi cette loi dont vous parlez ?
– Bien la loi qui fixe le statut de la copropriété.
– Et c’est quoi ces articles ? Vous allez trop vite je ne comprends rien !
– Bon je vais reprendre plus doucement et pour que tout le monde comprenne bien, on va parler avec des bananes et des oranges …
Sourire.

Je finis par reprendre la réunion et là, le copropriétaire qui revient à la charge :
– Alors pour vendre des parties communes, il faut quelle majorité ?
– Je vous ai tout détaillé dans la convocation. On va la reprendre ensemble si vous le voulez.
– D’accord. … Hum … Hum … Hum … mais quand vous faites référence à un article 26, vous faites référence à quoi ?
Intérieurement je me disais que la soirée allait vraiment être très très longue, …
Du coup je ressors mon exemple de bananes et d’oranges.
– D’accord. Mais on ne peut pas vendre des parties communes sans l’unanimité. J’ai demandé à des amis syndics bénévoles et des amis copropriétaires.
– Oui ! Vous auriez pu demander à Google, à des professionnels ou des avocats, à des associations de consommateurs. Ils vous auraient confirmé ce que je viens de vous expliquer. Vous auriez aussi pu lire la loi puisque la loi est rappelée dans la convocation et que je vous ai répondu par mail déjà à toutes ces questions en vous renvoyant sur les bons liens. D’ailleurs, regardez, je fais une recherche Google et voici ce qui vient. Venez lire avec moi, à haute voix, les modalités de vente de parties communes.
– Non c’est bon.
– Vous êtes sûr ?
– Oui ! Par contre, je pense que les combles étant essentiels à la destination de l’immeuble, il faut que la résolution soit votée à l’unanimité. Ce sont des questions essentielles de sécurité.
– Alors, on reprend tout encore une fois et on introduit des notions nouvelles : la distinction entre les notions de « destination d’un bien », « l’usage/occupation du bien » et « la sécurité de l’immeuble ».

Et là j’avais envie de hurler !

Quand la politique s’invite dans les réunions d’AFUL !

J’étais la semaine dernière à une réunion d’AFUL.

L’AFUL est une Association Foncière Urbaine Libre ou pour dire les choses, plus simplement, c’est une association syndicale libre constituée pour permettre à un groupe de propriétaires ayant des intérêts communs de gérer des parties communes ou de faire réaliser des travaux ensemble. Bref

J’y étais donc représentant une de mes copropriétés, membre de l’AFUL, avec mes confrères et le bureau de l’AFUL.

Nous étions installés en U avec le bureau sur la partie basse et mes confrères à gauche, moi au bout à droite.

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Au moment du vote, le Président de l’AFUL se tourne vers chacun de mes confrères de gauche pour leur demander leur avis qui était positif. Il a donc noté que la gauche était d’accord avec le projet.

Puis il s’est retourné vers la droite et a demandé à mes confrères, les uns derrière les autres, leur avis qui était aussi positif.

Il a donc noté que la droite était d’accord avec le projet en indiquant que le moment était mémorable puisque la gauche et la droite étaient d’accord.

Puis il s’appercevant qu’il m’avait oubliée, il s’est retourné vers moi et m’a demandé :

  • Petit Syndic, quelle est votre opinion ?
  • Je suis d’accord aussi.
  • Même l’extrême droite est d’accord avec les autres partis ! Nous vivons un jour incroyable ! Pardon Petit Syndic mais vous êtes bien la droite extrême aujourd’hui ! Ne m’en voulez pas !
  • Oui et connaissant mes origines africaines, avouez que c’est plutôt un comble !

#mefautuntriplecafé

Quand le copropriétaire parle de son syndic !

Réunion amusante.
J’ai perdu l’immeuble mais c’était plié depuis longtemps puisque l’immeuble a été repris par l’ami d’un copropriétaire.
Au moment du vote je me défends pour la forme :
– le confrère propose des solutions qui ne sont pas des innovations mais des choses dont ils, mes copropriétaires, disposent depuis longtemps déjà par mon intermédiaire.
– pour régler les soucis le confrère propose de voter des choses que j’ai mis à l’ordre du jour
et patati et patata
en plus il est 20% plus cher.
Bref ! Ils finissent par m’expliquer que je suis géniale mais que voilà, changer de syndic c’est comme arracher un pansement d’une plaie à vif.
Ca fait mal mais faut tirer d’un coup.
Heu … j’explosais de rire intérieurement mais je les ai regardés très sérieusement en leur demandant à quoi ils comparaient leur syndic … la plaie à vif ou le pansement.
Vous auriez vu leurs mines rouges de confusion …

#mefautuntriplecafé

Quand les copropriétaires sont des hommes !

A 13h30 arrivent au bureau 3 copropriétaires totalement bourrés.
Ils sont allés déjeuner ensemble avant le conseil syndical et à priori pas que …
Je leur propose un café histoire de pouvoir gérer avec eux la réunion sans que cela ne dérive trop.
Ma gentille standardiste, 23 ans et jolie comme un coeur, se propose de m’aider à faire le café et leur amène les deux premières tasses pendant que dans la cuisine, je termine.
Elle rentre dans mon bureau et est accueillie par un « Bof pour le service hein ! Avec un petit tablier blanc, une mini jupe, cela aurait été mieux ! »
Devant son air peu jouasse, ils se reprennent et s’excusent.
Enfin, ils marmottent des mots qui, parce qu’ils sont clients, ont ressemblé à des excuses :
« Faut pas nous en vouloir ! On est que des hommes après tout ! »
Heu …

Quand le copropriétaire fait des économies !

Quand un membre d’un conseil syndical que je n’ai jamais encore rencontré me demande si je suis TOUJOURS obligée de venir en AG parce que cela coûte quand même drôlement cher.
Bon … c’est vrai qu’ils peuvent tenir leurs réunions tous seuls nos copropriétaires puisque si l’usage veut que le syndic y assiste et tienne le secrétariat, légalement on a aucune obligation de le faire.
Par contre, mon absence ne changerait rien au schimblick puisque … la tenue de l’AG est comprise dans les honoraires de base (merci ALUR).
Ceci dit, s’il insiste vraiment pour que je ne vienne pas, je veux bien faire un effort et lui faire plaisir après tout ! 😉
#mefautuncafétriple