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Un lundi soir j’étais donc chez Mademoiselle et son mari en réunion.
Dans cet immeuble, il y a une loge à vendre … 23m2 mis sur le marché à 199.000 euros parce que 200.000 ce serait un seuil psychologique infranchissable.
J’explique que le service transaction a quand même du mal à vendre 199.000 euros une loge sombre qui est sur cour et dans laquelle il y a au moins 30.000 euros de travaux à ce prix là. Mes clients ne comprennent pas.
Alors, j’explique le marché, la loi sur l’encadrement des loyers et tout. Grosso modo, celui qui achèterait une loge toute sombre de 23 m2, dépenserait 229.000 euros et ne pourrait pas la louer plus de 530 euros. Ca a de quoi faire fuir les investisseurs, non ? Mes clients ne comprennent toujours pas. Puis je rappelle qu’en plus, la loge est si sombre, que quand on fait les visites en plein jour, la négociatrice est obligée de les faire à la lampe torche puisqu’ils ont coupé l’électricité et je rappelle que pour sanitaires, il y a en fait, juste un trou dans le sol. Et là ça fait tilt à mes clients d’un coup ! Ils se sont illuminés parce que cela ne sert à rien de refaire toute la loge bien comme il faut.
– Pardon ? – Oui les 30.000 euros c’est un budget pour tout faire bien comme il faut. Puis faire visiter à des investisseurs, c’est une drôle d’idée ! Vous perdez votre temps ! Non ce qu’il nous faut c’est un artiste qui ait un coup de coeur pour notre immeuble, qui habite à côté et qui cherche un atelier. Notre immeuble c’est un immeuble coup de coeur.
– Heu … – Ceci dit nous vous autorisons à faire remettre l’électricité dans la loge pour permettre les visites. Ben voyons !!!! Ptdr ! Ils se comportent comme des princes parfois mes miens de copro !!! Ptdr ! On poursuit la réunion. Après avoir fait mon point sur la vente de la loge, j’attaque celui plus épineux des travaux.
Je rappelle aux uns et aux autres, que le prix de la loge, le jour où on trouvera un naïf pour l’acheter à 199000 euros, sera redistribué en charges générales et que les prochains travaux seront appelés en charges bâtiment. Du coup, les copropriétaires du bâtiment B affichaient une mine réjouie mais ceux du bâtiment A faisaient nettement la gueule. Ils s’étaient imaginé que l’on mettrait les fonds dans un pot commun et que la copropriété payerait les travaux de leur bâtiment à eux. Ils ne récupéreront que 40% grosso modo des 199.000 euros. Je n’avais prévu qu’un seul devis, puisqu’il s’agissait juste d’une information, chiffrant le ravalement et la couverture à 100.000 euros à vue de nez, ce qui fait que même avec la vente de la loge, ils seraient redevables d’appels de fonds.
Le mari de Mademoiselle, un peu dépité, a commencé à regarder le devis de plus près et 30 secondes après avec un gros feutre et un grand sourire, il me demande :
– Mais c’est combien le poste échafaudage ?
– 15000 euros – OKI donc on le supprime ! On a déjà économisé 15000 euros. – Heu … mais comment ils vont faire le ravalement et la couverture sans échafaudage ? – Bien à la corde Madame ! A la corde ! Et c’est leur problème, pas le notre. Ben voyons !!! Des princes !
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Auteur : Petit Syndic
Ca fait 25 ans que je travaille dans le monde de la copropriété.
J’adore mon métier et ce que j’apprécie le plus dedans c’est la relation avec mes clients.
En théorie être syndic c'est gérer des parties communes. En réalité c'est composer surtout avec l'humain.
Il faut aimer profondément l'autre pour être capable de faire ce métier si longtemps parce que ce métier est vraiment dur. Les gens, qui ne sont pas au conseil syndical, nous contactent principalement pour des problèmes. Ils ont un rapport compliqué avec nous parce qu'ils sont souvent au moment du contact dans une situation extrêmement stressante pour eux.
Gérer des parties communes, bien le faire, c'est contribuer à un cadre de vie agréable pour celui qui vit dans la copropriété. C'est une manière indirecte de le choyer.
J'ai aussi la charge d'âmes puisque je suis formatrice en immobilier depuis plus de 10 ans.
J'avais envie de partager des histoires du quotidien en les transformant sous la forme satirique.
Les anecdotes sont un peu mises en scène. Certains traits sont grossis pour rendre les histoires un peu plus drôles et rien n’est identifiable.
Je vous promets aussi qu'aucun personnage de la vie réelle n'a été malmené durant l’écriture d’une de ces histoires. ;-)

