Quand le syndic est miteux !

Une dame de 80 ans, toute enrubannée, débarque au bureau un jour :

– Chère Madame, c’est inadmissible d’être relancée ! Notre précédent syndic ne m’aurait jamais relancée !

Elle regarde autour d’elle et elle rajoute, pleine de compassion pour les miséreux de syndic que nous sommes, d’un coup, :

– Bon c’est vrai que LUUIIIIII avait ses bureaux dans le 7ème. C’était quand même un autre quartier !

J’ai failli lui rappeler que l’immeuble dans lequel elle vivait était également dans ce quartier de miséreux qu’elle pointait du doigt et que les copropriétaires avaient,  peut-être, finalement le syndic qu’ils méritaient … . La copropriété est en effet à 3 mn à pied du cabinet. Bon. Je n’ai rien dit et je me demande encore quel miracle m’a rendue muette. J’ai simplement attendu la suite.

– Ce syndic était formidable ! Il nous disait de ne pas nous inquiéter et de payer nos charges quand nous voulions.

– D’accord mais comment étaient payées vos factures ? L’eau, l’électricité, la gardienne, l’assurance ?

– Peu importe ! Ce que je retiens c’est juste qu’il était formidable. On payait juste quand on voulait et on y pensait. Parfois certains sont restés un ou deux ans sans rien payer vous savez ! Ils étaient en voyage. Ils avaient oublié.

– Mais les factures de la copropriété, qui les payait ? Vous ne répondez pas à la question !

– Je n’en sais rien. Ce syndic devait les payer, peut-être, lui sur le cabinet et se rembourser ensuite.

Forcément ! C’est comme cette histoire de marmotte qui met le chocolat dans l’aluminium …

J’ai laissé passer une seconde et avant que je ne réponde, elle a rajouté, la main sur le coeur :

– Recevoir une lettre recommandée est un tel choc ! J’ai failli mourir quand j’ai vu l’avis de la poste. Je suis très en colère vous comprenez ! Je voulais acheter un pistolet et venir vous voir mais finalement, je ne l’ai pas fait. Par contre, dites bien au service recouvrement que je suis si en colère que j’ai envie de leur crever les yeux !

C’est certain que je comprenais bien la situation … non mais sérieux !

#mefautuntriplecafé

 

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Quand le copropriétaire est relancé !

– Je veux voir votre responsable contentieux.

– Il est en rendez-vous. Mais je peux peut-être vous aider ?

– Je veux lui expliquer qui je suis et ma façon de procéder. Je n’ai pas payé mes charges parce que j’ai vu dans le grand livre lors du dernier contrôle des comptes que vous acceptiez des facilités de paiment en 3 fois à certains et que vous ne preniez pas de frais de relance systématiquement. Mais de quel droit ?

– ….

Je ne bronche pas.

– Alors j’ai voulu tester votre système de relance. J’ai payé un tiers le premier mois du trimestre, j’ai eu des frais de relance. J’ai payé un tiers le second mois du trimestre, j’ai eu des frais de relance. J’ai soldé mon compte au 3ème mois du trimestre.

– Donc vous voyez que l’on a un système de relance très efficace. Je vais vous faire annuler les frais.

– Encore heureux ! Pourquoi vous m’avez relancé moi et pas les autres ?

– Mais peut-être parce que les autres ont prévenu qu’ils payeraient en plusieurs fois et que vous vous ne l’avez pas fait … qu’en pensez-vous ?

Silence … Il hésite puis repart de plus belle.

– J’ai vu que vous aviez annulé parfois des frais de relance. Qui vous a autorisé retirer des frais de relance ?

– Nous n’avons pas besoin d’autorisation pour ça. Par contre, si je comprends bien, vous êtes contre l’annulation des frais de relance ?

– Oui je suis contre. Quand on ne paye pas, on doit être relancé et les frais doivent être conservés.

– Pas de soucis. Dans ce cas, nous maintiendrons les frais de relance sur votre compte conformément à vos souhaits.

Grand blanc … puis mon copropriétaire reprend …

– Si vous ne les annulez pas, je vous poursuis pour abus de droit, clientélisme, discrimination et je gagnerai. Mon avocat est l’avocat de l’ARC. J’en ai bouffé des syndics pour moins que ça.

Je reste calme et, avec un grand sourire, je rétorque :

– Je n’en doute pas. Par contre, pourriez-vous répondre à ma question ? Je voudrais comprendre quelle politique vous semble la plus adaptée sachant qu’une règle que l’on applique s’appliquera pour tous. Qu’est ce que je dois faire là, maintenant ?  Est-ce que je garde la main sur l’annulation des frais de relance et s’il y a un accord, je décide au cas par cas, de les annuler ou non ? Ou, est-ce que je n’annule plus de frais de relance et dans ce cas, je conserve les frais de relance sur votre compte. Dites moi donc ! Qu’est-ce que je fais ?

– Vous êtes impossible ! Vous annulez d’abord mes frais puis vous n’annulerez plus jamais.

– Non cela ne marche pas comme ça. Définissons maintenant une règle s’il vous plait.

– Vous devriez faire plaisir au copropriétaire.

Moi avec un franc éclat de rire …

– Heu non Monsieur X ! Mon travail n’est pas de faire plaisir au copropriétaire même si je passe beaucoup de temps en bas des immeubles à les attendre eux et les gars du bâtiment. lol. Mon travail est de gérer les parties communes et donc la collectivité des copropriétaires. Alors quelle règle choisissez vous ?

Il se déride, enfin, mais continue de protester pour la forme :

– Nous sommes en dictature.

– Non ! Vous êtes en Nafygarchie, un régime idéal puisque dans la Nafygarchie, tout est parfait parce que selon Nafy.

Et nous sommes partis dans un immense éclat de rire.

Ouf !

#mefautuntriplecafé

 

 

Quand le copropriétaire est relancé !

Le copropriétaire : Lorsque je suis revenu de vacances, j’ai perdu mon portable et donc toutes mes alertes. Je n’ai donc pas eu l’alerte qui me rappelait de payer mes charges. J’ai aussi perdu pleins de contacts clients et il y a plein de chiffres d’affaire que je n’ai pas pu faire et patati patata
Moi au bout de 5 mn : bon. En gros vous voulez un échéancier comme la dernière fois ?
Le copropriétaire soulagé : oui. Vous avez vu que j’ai tenu ma promesse, tout payé dans les temps, …
Moi le coupant rapidement : vous pouvez toujours payer vos charges en plusieurs fois. Il n’y a pas de soucis.
Le copropriétaire : merci beaucoup surtout que vous n’y êtes pour rien. C’est de ma faute entièrement, enfin, celle du portable, vous comprenez ?!
Mais bien sûr ! Juste après les vacances en plus … Encore un cas de vache violette qui met le chocolat dans le papier d’alu.
#mefautuntriplecafé